Rémy : « Je ne cherche pas à trouver le sens une fois pour toutes, mais à trouver du sens dans ce que je fais »

Rencontre avec Rémy, passé par le conseil en organisation avant de plonger dans l’ESS…et il semble effectivement avoir trouvé du sens !

Quelle était votre vie d’avant ?

Pendant 6 ans, j’ai fait du conseil en organisation. J’y suis arrivé un peu hasard, et aussi pour retarder encore un peu le moment de me spécialiser. En cabinet se sont succédées de nombreuses missions dans différents secteurs, de super rencontres, des moments très agréables comme des périodes difficiles. Loin d’être toujours dans une tour à la Défense, j’ai travaillé dans plusieurs endroits insolites : des concessions automobiles pour améliorer la satisfaction client ou des chantiers de construction du réseau de gaz naturel pour optimiser des process. En réalité, je me plaignais peu de mon métier et j’arrivais, dans la majorité des cas, à identifier une véritable valeur ajoutée pour les clients. Et c’est ce que j’expliquais aux personnes qui me demandaient la raison d’être de ce métier et ce en quoi il consistait.

L’élément déclencheur ?

Au fur et à mesure de mon parcours, j’en suis venu à me poser 2 questions simples :

  1. Est-ce que j’ai envie de faire le métier de mon manager ?
  2. Est-ce que j’ai envie de faire le métier de mon client ?

→ 2 x non = changement nécessaire

Et là surgit LA question que se posent un grand nombre de consultants, et qui les retient dans leur cabinet : que faire après le conseil ???

Pour ma part, j’ai choisi d’être à l’écoute. Pas à l’écoute du marché. A l’écoute de moi, de mes inclinaisons naturelles, de là où j’arrivais à aider les autres, de ce qui me paraissait facile. En même temps, je postulais à des offres d’emploi très éloignées de ce que je connaissais car je voulais rencontrer de nouvelles personnes ; pour me faire remarquer et m’amuser, je tentais beaucoup de choses dans la rédaction des lettres de motivation ou dans les modalités de candidature. Et ça marchait de temps en temps, j’ai eu plusieurs entretiens et j’ai même failli rejoindre une boîte dans le cinéma !

 

En poursuivant ce travail d’écoute, je me suis rendu compte que l’une des raisons qui me faisait rester dans mon travail était le programme de mécénat de compétences de mon cabinet : tous les 6 mois, je participais à la sélection de l’association qui allait bénéficier d’une mission de conseil gratuite pour l’aider à changer d’échelle, se structurer, professionnaliser sa gestion, etc. Ce programme était animé par des consultants volontaires comme moi et constituait ma véritable bouffée d’oxygène. Les personnes que je rencontrais avaient en commun plusieurs choses : un ancrage dans le concret très fort, une action guidée par le sens, et d’importants défis à relever. C’est ce qui m’a donné l’idée de postuler au Programme Associé On Purpose (que j’ai connu sur Fuyons la Défense !).

 

Pendant cette année de transition, j’ai pu expérimenter de nombreuses choses grâce à mes 2 missions de 6 mois (chez MakeSense et chez Ares) et à l’accompagnement proposé par le programme. J’ai apporté ce ce que j’avais appris dans le conseil et j’ai poursuivi ce travail sur moi-même : mieux me connaître, mieux comprendre dans quels univers je me sens bien, etc. En fait j’ai pris conscience que cette démarche, très enrichissante, allait être continue. Cette prise de conscience m’a permis de relâcher la pression sur la recherche de sens. Je ne cherche pas à trouver le sens une fois pour toutes, mais à trouver du sens dans ce que je fais, et j’ai maintenant la confiance et les outils pour m’autoriser à me poser ce genre de questions très sereinement. Et avancer par petits pas.

Et maintenant ?

Pendant mon année On Purpose, j’ai rencontré un rappeur franco-syrien comme moi, Liqid, avec qui on a eu une idée : faire enregistrer un album de hip-hop à des réfugiés syriens. Grâce à l’appui de Bibliothèques Sans Frontières, ce qui n’était qu’une idée est devenu un véritable projet : Wameed (étincelle en arabe).

Le premier épisode a eu lieu début 2017 à Amman en Jordanie : en 2 semaines, 56 jeunes ont produit 9 chansons (textes et instrus) et 3 clips video ! Grâce à une super équipe de coachs français et jordaniens, le défi a été relevé et l’expérience a été incroyable. On prépare en ce moment la sortie officielle du projet, avec l’album en vinyle et en digital.

En plus, on a eu la chance de filmer tous ces moments pour en faire un documentaire. Les projections arrivent très bientôt. N’hésitez pas à suivre la page Facebook du projet Wameed pour être au courant de tout ça.

 

En parallèle de ce projet, j’ai rejoint une startup dans l’éducation fondée par deux amis d’école pour développer une véritable ligne éditoriale et augmenter la visibilité de la structure. Actuellement, on est en pleine recherche d’un nouveau modèle plus en adéquation avec nous-mêmes. Comme quoi, la recherche de sens est contagieuse !

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