Il quitte le conseil en strat’ pour aider les autres à devenir stylés

Benoît Wojtenka (à gauche) et Geoffrey Bruyère (à droite) ont créé BonneGueule.fr.

Avant, Geoffrey faisait du conseil en strat’. Mais ça, c’était avant. Maintenant, Geoffrey s’est associé à Benoit, a monté sa boite, recruté une équipe de 15 personnes et aide les autres hommes à devenir… un peu plus stylés.

À quoi ressemblait votre vie d’avant ?
Ma vie d’avant n’était pas vraiment mauvaise. C’est juste qu’elle n’était pas assez colorée.

Une Tour à La Défense. Un cabinet de conseil en stratégie. Beaucoup de costumes sombres, et trop de costumes en général. Des réunions, trop peu de réunions utiles. Un bon salaire mais pas le temps d’en profiter.

Des collègues intelligents, des plateaux repas estampillés Bio, et de l’air filtré.

La communication était filtrée également : personne ne disait « mission toute pourrie et hors cible parce que les temps sont durs et que les commerciaux n’ont pu ramener que ça », mais « occasion de monter en compétence sur un autre sujet ».

J’appréciais mes collègues, mais la manière de s’exprimer entre ces murs (moi inclus) me gonflait vraiment. C’était totalement mal vu de montrer publiquement qu’on fait quelque chose la mort dans l’âme, ou qu’on ne croit pas un seul instant à ce fameux « plan ambition 2015 : devenons le 1er cabinet de conseil en 2015 », pas plus qu’on en ait vraiment quelque chose à faire.

Le plupart des sujets de travail étaient cools quand même, mais je ne pouvais pas les traiter de manière intuitive et rapide. Tout devait être vraiment blindé dans un contexte client toujours très politique. Alors à chaque fois on se perdait en détails, avec une minutie et un formalisme exagéré.

Un peu comme les épreuves de marche olympique : tu sens que les mecs voudraient plutôt courir, mais ils peuvent pas : c’est pas ça, les règles.

 

Quel a été l’élément déclencheur ?
Ça a sans doute été Yvan, 45 ans, manager senior. Un monstre sacré sur tous les sujets, il pilotait 4 ou 5 missions en même temps. Des compétences intellectuelles et organisationnelles hors du commun.

Si l’ONU, la NASA et le MI6 veulent doubler la productivité des pays occidentaux, ils devraient commencer par cloner Yvan.

Sans parler de sa dévotion à toute épreuve : en témoignent les mails datés du dimanche 7:00 AM que je découvrais le lundi matin dans mon Outlook Pro.

Mais, euh, c’est vraiment ça la vie ? C’est pour ça que j’ai fait des études ? Un travail épuisant contre une paie décente, mais pas le temps pour en profiter ?

Entre temps, avec mon grand ami Benoît, on avait lancé un livre numérique pour apprendre aux hommes à bien s’habiller, sur BonneGueule, le blog de mode pour homme que Benoît avait monté après son Bac.

Ce livre de mode masculine a tout de suite connu un franc succès, il nous a permis de nous lancer sans prendre trop de risque.

guide de lhomme style

Le Guide de l’Homme Stylé… Même Mal Rasé, édité aux éditions Pyramyd

 
Et maintenant ?
L’équipe s’est bien agrandie, le livre a été édité, et l’époque du premier ebook écrit à coups de nuits blanches semble bien lointaine.

Nous sommes à présent une petite équipe de 15 personnes. La plupart de nos collaborateurs sont issus d’écoles de commerce et voulaient eux-aussi un travail plus concret, en lien avec leurs passions.

Cela reste quand même chaque jour un combat, mais c’est un autre type de stress que celui des grandes entreprises, et il y a de l’adrénaline aussi.

Côté modèle économique, nous tirons nos revenus des collaborations de vêtements que nous réalisons avec des marques françaises, tantôt de jeunes créateurs avec une esthétique précise (FrenchTrotters, Melinda Gloss, Marchand Drapier), tantôt des marques anciennes et reconnues comme Aigle ou Heschung quand nous recherchons des savoir-faire sur le vêtement technique ou le montage des chaussures par exemple.

Nous avons aussi développé notre propre ligne de vêtements, elle aussi axée sur des savoir-faire européens. Et le fait de n’avoir personne issu de la mode dans nos équipes nous rend créatifs dans la manière d’aborder le business avec nos fournisseurs, les marques partenaires et les autres médias. C’est comme ça qu’on casse les prix de 20 à 70% par rapport à des marques haut de gamme conventionnelles, qui souffrent de coûts de communication et de distribution énormes.

Mais surtout, c’est beaucoup plus agréable de travailler avec des gens que vous choisissez, tout va plus vite, on doit beaucoup moins gérer les égos. Aujourd’hui je me demande comment je pourrai travailler autrement.

Et en ce moment, nous recherchons un directeur opérationnel pour accompagner notre croissance, là où je m’occupe principalement des partenariats et des actions de croissance, et mon associé Benoît du développement des produits et des articles du blog. Peut-être que cela parlera à certains qui veulent fuir La Défense ? 😉

 

visite usine barberis

« Visite en Italie de Vitale Barberis Canonico, un de nos tisserands »

equipe bonnegueule

L’équipe des débuts de BonneGueule.fr

atelier biella

« Un des métiers à tisser de nos fournisseurs à Biella dans le Nord de l’Italie »

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