Comment devient-on voyageur professionnel à plein temps ?

Chez FlaD, on a une sympathie particulière pour toutes les espèce de « Nomades ». Les « digital nomads » – dont on aura largement l’occasion de vous reparler – et les voyageurs à temps plein…  Jérémy avait tout sacrifié à son travail de journaliste. Un jour la cocotte a explosé. Et ça a donné ça.

A quoi ressemblait votre vie d’avant ?

Ma vie d’avant était assez classique : j’ai un parcours universitaire banal, un DUT, puis une licence pro. Une fois mes études terminées, j’ai bossé trois ans comme journaliste en télé locale. Le job en tant que tel était intéressant car il y a, finalement, assez peu de routine dans ce métier. Je me réveillais sans savoir ce que j’allais faire de ma journée, ni qui j’allais rencontrer. Parfois, j’allais interviewer un ministre, un sportif, ou, plus souvent, de simples anonymes qui se bougent tous les jours pour faire avancer le pays.Et puis les problèmes sont arrivés.D’abord, je bossais comme un dingue. De 9h le matin jusque tard le soir. Souvent, mes week-end étaient pris également : l’actualité ne s’arrête pas aux horaires de bureau. Et dans une petite équipe, il fallait être réactif pour pouvoir couvrir tous les événements. Donc, même si sur mon contrat de travail je n’étais censé bosser que 35 heures par semaine, la réalité c’est que j’en faisais pas loin du double (et qu’elles n’étaient pas payées, d’ailleurs). Le tout pour un salaire misérable (une dizaine d’euros au dessus du SMIC).

J’ai commencé à cogiter sur la façon dont ma vie professionnelle interférait sur ma vie perso, et je me suis vite rendu compte que j’étais dans une espèce de prison même pas dorée : certes le job était intéressant, mais il remplissait tout mon temps. Je n’avais pas de loisirs, peu l’occasion de sortir. Et quand c’était le cas, c’était toujours avec les mêmes personnes et toujours aux mêmes endroits. La ville où je travaillais était petite, et je commençais à sérieusement tourner en rond.

Cela a été le point de départ de la décision la plus importante et la plus radicale de ma vie.

 

Quel a été l’élément déclencheur ?

L’élément déclencheur, je l’ai déjà un peu évoqué ci-dessus. Mais les choses ont réellement empiré quand j’ai commencé à voyager. Un jour, un ami m’a proposé de partir en week-end prolongé à Oslo. J’appelle mon chef, anxieux à l’idée de devoir poser des congés et m’absenter 5 jours, mais coup de bol : il accepte. J’ai adoré sortir de France, découvrir une autre culture, une autre langue, une autre façon de vivre. Dès lors, tout s’est enchaîné très vite : je me suis mis à faire des petits voyages à l’étranger dès que j’avais 3 jours consécutifs de repos. J’en ai profité pour visiter Londres, Copenhague, Barcelone, etc.Mais chaque retour était plus difficile que le précédent. Je m’éclatais à l’étranger, j’étais comme un poisson dans l’eau. Et je devais rentrer en Normandie dans un boulot qui avait de moins en moins de sens pour moi, pour une reconnaissance misérable et un salaire ridicule.C’était de plus en plus clair dans ma tête : je devais partir, je devais continuer de voyager.

En avril 2011, le destin m’a filé un coup de pouce. Un email qui ne m’était pas destiné est arrivé dans ma messagerie. Mon patron annonçait à un de ses collaborateurs qu’il allait devoir se séparer d’une partie de l’équipe pour motifs économiques. J’étais dans la liste.

J’aurais dû être énervé, agacé, ou que sais-je. Mais en réalité, j’ai sauté de joie. J’allais enfin être libre.

En juin 2011, j’ai donc quitté mon boulot. En septembre 2011, j’ai rendu mon appartement et me suis débarrassé de la plupart de mes possessions. J’ai acheté un sac à dos et un billet d’avion. Je suis parti au Portugal, et j’ai commencé à vivre mes rêves : voyager à plein temps.

 

Et maintenant ?

Maintenant, cela fait plus de 3 ans que j’ai adopté ce mode de vie de nomade. J’ai monté mon activité d’attaché de presse indépendant de manière 100% dématérialisée. J’ai juste besoin d’un ordi et d’une connexion internet pour travailler. Et je tiens un blog de voyages qui raconte mon périple et mes aventures aux quatre coins du globe.

Ces dernières années, j’ai traversé l’Europe dans tous les sens, en faisant une longue pause dans ce qui est devenu le pays de mon coeur : la Suède. Je suis allé visiter l’Amérique du Nord et l’Asie du Sud-Est, et je suis de retour en Europe depuis quelques mois, où je compte poser mon balluchon prochainement (dans la belle ville de Göteborg, pour être précis).

Je ne regrette rien de ce choix. J’aurais adoré avoir l’opportunité de faire un Erasmus pendant mes études, mais l’occasion ne s’est pas présentée lors de mon parcours. Du coup, je me suis créé ma propre expérience à l’étranger, et je dois dire que cela a été au-delà de toutes mes espérances. J’ai fait des rencontres exceptionnelles, noué des amitiés avec des gens venus de partout sur cette planète, et j’ai vraiment le sentiment de profiter de ma vie. Bref tout l’opposé des sentiments que j’avais quand je bossais dans un bureau sans fenêtre avec de la moquette grise sur les murs.

Aujourd’hui, non seulement je gère mon temps et mon organisation comme je le souhaite (l’avantage d’être le boss !), mais en plus je suis totalement libre géographiquement. Si demain j’ai envie de partir au Mexique ou au Japon, je peux le faire sans aucun problème.

Rendez-vous sur mon blog : www.roadcalls.fr pour en savoir plus !

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