Axel : il démissionne du conseil pour être écrivain et formateur

Rencontre avec Axel Canaud, démissionnaire du conseil ! C’est avant d’avoir son premier enfant qu’Axel a décidé de tout changer…du conseil, il passe à l’écriture et à la formation. Chapeau !

Quelle était ta vie avant ?

J’ai toujours eu de grands rêves. Enfant, je me voyais comédien, interprétant Cyrano à la Comédie Française, ou écrivain en dédicace au Salon du livre. Lors du spectacle de fin d’année en CM2, j’ai joué la tirade du nez devant toute l’école…
Puis lentement, j’ai dérivé : j’étais bon élève en classe, du coup j’ai fait un bac S, je suis passé par Sciences-po et l’ESCP et j’ai atterri dans un cabinet de Conseil en 2006.
Et là, cela a été un naufrage ! Je n’étais pas du tout à ma place et pédalais dans le vide. Je m’épuisais à la tâche pour être classé parmi les plus mauvais consultants du cabinet. Lentement, je me suis vu couler avec l’impression détestable de passer à côté de ma vie.

 

L’élément déclencheur

Il y en a eu deux.
Tout d’abord, avec ma femme, nous avons décidé d’avoir un enfant. Je ne voulais pas que ce petit être innocent déboule sur cette planète et trouve un père aigri, qui déteste son travail. J’ai pensé : « si je veux changer, c’est maintenant ou jamais ». J’étais conscient qu’une fois papa, je ne serais plus aussi libre. En clair, il s’agissait de la dernière bretelle pour sortir de l’autoroute. Après, tout serait plus compliqué…
Ensuite, un ami, consultant dans un autre cabinet et qui lui aussi subissait son métier, a démissionné. Cela a été un choc ! C’est lui qui était dans le vrai. Tout est alors devenu limpide dans mon esprit. Il fallait arrêter la casse.
Fin 2009, j’ai pris rendez-vous avec la DRH pour essayer de négocier un départ, en vain. Elle m’a dit « tu veux partir ? La porte est ouverte… » Je l’ai prise au mot.
Le lundi suivant, quand j’ai déposé ma lettre de démission sur son bureau, elle a écarquillé les yeux : « Tu sais que personne ne démissionne du Conseil ? » Elle était presque gênée pour moi : « Tu es certain de ta décision ? Tu vas partir sans indemnité, tu ne toucheras pas le chômage… »
Dans ma tête, j’étais déjà loin.
La rumeur s’est répandue dans le cabinet. Personne n’y croyait. Les managers venaient me voir : « dis-nous la vérité, tu vas à la concurrence ? » Je n’avais pas le début du commencement d’une idée de ce que j’allais faire de ma vie, pourtant, j’étais serein. J’ai alors entamé une période extraordinairement riche : je lisais, j’assistais à des conférences, je rencontrais des gens dans tous les domaines. Je me levais le matin et n’avais aucune contrainte, aucune obligation. Je débordais d’énergie et courais aux quatre coins de Paris. J’avais tellement de temps à rattraper !

 

Et maintenant ?

J’ai deux activités : je suis formateur free-lance et écrivain.
Du côté de la formation, j’anime environ cent journées par an. C’est un métier passionnant : je rencontre des dizaines de personnes, j’apprends, je transmets, je me remets en question, je comprends la valeur ajoutée de mon travail, j’en vois les résultats. Aucune journée ne ressemble à une autre. Quand je recroise des participants quelques semaines plus tard et qu’ils m’expliquent en quoi la formation les a aidés, je me sens utile.
Le statut d’indépendant a aussi été une révélation. C’est parfois stressant et contraignant, les clients sont exigeants et le milieu difficile mais ne pas avoir de patron justifie quelques sacrifices.
Par ailleurs, je suis écrivain. Depuis ma démission, j’ai publié cinq livres et deux pièces de théâtre sous le pseudonyme Axel Sénéquier.
J’ai d’abord travaillé sur deux romans-jeunesse qui étaient des commandes. L’éditrice m’a appris le métier. J’ai participé à des concours de nouvelles et j’en ai tiré deux recueils, publiés chez deux éditeurs différents. J’ai écrit le premier manuel de mise en scène théâtrale publié en France. Tous mes manuscrits sont partis la poste ! Enfin, deux de mes pièces ont été jouées à Paris : un monologue sur la vie d’Edmond Rostand en 2013 et une comédie sur le passage à l’âge adulte intitulée Comme un lundi actuellement à l’affiche. Cette deuxième pièce relate l’histoire d’un consultant qui démissionne pour réaliser ses rêves…
Si vous ajoutez à cela trois enfants en bas âge, vous comprenez que j’ai un emploi du temps chargé !
En ce moment, mes copains de promo passent associés dans le Conseil, la banque ou l’Audit. Je n’ai plus leurs salaires et je ne ferai jamais leurs carrières mais je n’échangerai mon quotidien pour rien au monde. Désormais, j’ai trouvé mon équilibre. L’écriture est solitaire, la formation me permet de voir du monde. L’alternance des deux est ma respiration. Je n’éprouve même plus le besoin de prendre des vacances alors qu’elles constituaient mon seul horizon dans le Conseil.
Enfin, je suis particulièrement fier de mon activité d’auteur. J’y consacre beaucoup de temps et d’énergie (2 à 3 heures par jour quand je n’anime pas de formation). Il y a quelques semaines, j’ai reçu mes premiers droits d’auteur : 14 euros et 12 centimes. J’étais si heureux que j’ai encadré le chèque et l’ai accroché au mur !

Retrouvez Axel :
https://fr.linkedin.com/in/axelcanaud
www.facebook.com/axelsenequier

Pour découvrir la pièce Comme un lundi :
www.commeunlundilespectacle.fr

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