Une possibilité de fuite ?
Contexte général
Au Cameroun, la région de l’Est fait face à des enjeux de taille face à l’afflux de réfugiés en provenance de la République Centrafricaine. Depuis janvier 2014, l’UNHCR a recensé plus de 98 000 nouveaux réfugiés dans la région de l’Est (158 358 en incluant les réfugiés arrivés avant 2014). Par ailleurs, La population des régions de l’Est et de l’Adamaoua a quasiment doublé entre 1987 et 2005 accentuant localement les tensions autour des questions foncières et augmentant les conflits agro pastoraux (source : Paul Roger Libite, Chef du département des statistiques démographiques et sociales de l’Institut National de la Statistique, « La répartition spatiale de la population au Cameroun », présentation faite le 23 novembre 2010 à Yaoundé).
Cette augmentation très importante de population, notamment liée à l’afflux de réfugiés, génère d’importants déséquilibres socio-économiques, ainsi que de fortes tensions autour des ressources naturelles et de l’accès aux services publics de base (eau, santé, éducation).
Ces tensions constituent un terreau favorable aux replis identitaires, pouvant éventuellement mener à des conflits intercommunautaires au Cameroun.
En matière d’élevage, le conflit en RCA a conduit à la désorganisation de cette filière, poussant les éleveurs à venir ou à revenir sur le sol camerounais. Il est aujourd’hui difficile de connaitre le nombre exact du cheptel venant de la RCA en raison de la non maitrise des couloirs de transhumance par les services du MINEPIA qui ne peuvent recenser systématiquement les entrées et sorties des bovins. L’arrivée d’éleveurs de la RCA tend à provoquer une sur-occupation des terres. Par conséquent, des tensions et des conflits apparaissent peu à peu. La faible disponibilité en ressources fourragères et la perte d’accès aux pâturages du côté de la RCA, contribuent à accentuer fortement les tensions sociales entre éleveurs et agriculteurs sédentaires. La divagation des animaux dans les champs des paysans « gbaya » en est la cause principale. Néanmoins, on ne peut pas omettre la nature socio-politique de ces désaccords.
En effet, le problème réside principalement dans le manque d‘intégration, de relation entre les deux secteurs (agriculture et élevage) et les enjeux en matière de gestion territoriale et de gestion des ressources naturelles qui demeurent complexes.
Activités du projet
Cf. le résumé de la proposition en annexe.
Justification
La Croix-Rouge française/Croix-Rouge camerounaise (CRf/CRc) a pour ambition d‘appuyer la relance pastorale (valorisation des ressources pastorales), à travers un diagnostic approfondi des systèmes d’élevage existants et des perturbations engendrées par la crise centrafricaine ceci afin d’émettre des propositions/pistes d’amélioration. Les résultats issus de ce diagnostic seront partagés avec les services techniques déconcentrés en charge du secteur de l’élevage. Ils serviront de jalon pour les activités ultérieures au niveau de la CRf/CRc et des supports des discussions stratégiques pour les services techniques en vue d’améliorer le secteur dans ce contexte particulier d’afflux de réfugiés, de perturbation des systèmes de transhumance et de pression foncière.
Pour exécuter ce travail, la CRf/CRc sollicite les services d’un Consultant chargé de l’analyse des systèmes d’élevage et de l’élaboration de stratégies/orientations, ainsi qu’un plan de mise en œuvre de ces stratégies.
Objectif global
Faire une analyse des systèmes d’élevage dans la zone du projet et proposer des pistes d’amélioration tenant compte du contexte actuel.
Tâches et responsabilités
Sur la base des informations et données collectées, le consultant doit:
- Faire un état de lieux : identifier et caractériser les principaux systèmes d’élevage de la zone du projet dans une approche assez globale. Ne pas se limiter, en effet, aux seuls aspects zootechniques (sensu stricto), mais s’intéresser également aux pratiques et au savoir-faire des éleveurs, aux liens avec les autres secteurs du Système agraire (agriculture, gestion du foncier,…) ;
- Faire une typologie des différents acteurs des systèmes identifiés ;
- Identifier et analyser les modifications des systèmes d’élevage résultant de la crise centrafricaine.
- Identifier les blocages et contraintes de nature diverses afin d’envisager différentes stratégies pour “l’après-diagnostic” ;
- Proposer des stratégies d’amélioration et un plan d’action de mise en œuvre de ces stratégies.
A noter que l’étendue de la mission ne se limite pas aux actions énumérées ci-dessus, et le projet pourrait assigner au consultant toutes autres actions liées à son domaine d’expertise.
Zones géographiques d’intervention
La mission s’étend principalement sur la commune de Garoua Boulaï ; une réunion préalable avec l’administration locale et les services techniques déconcentrés de l’élevage sera organisée en vue de collecter des informations et données secondaires avant le démarrage de la mission sur terrain.
Livrables
- Livrable 1 : une note conceptuelle présentant la compréhension de la mission et l’approche qui sera utilisée et un calendrier du programme à exécuter (15 jours après la signature du contrat) ;
- Livrable 2 : un rapport final qui inclura les résultats d’analyse des systèmes d’élevage dans la zone du projet d’une part, et, d’autre part, les stratégies d’amélioration ainsi qu’un plan d’action de leur mise en œuvre.
Des points d’étape seront faits de manière hebdomadaire par le consultant auprès du chef de projet pour apprécier l’évolution du travail et le réorienter au besoin
Expérience
Profils et qualifications
- Avoir un diplôme en Agronomie, Zootechnie Sociologie, Economie Appliquée, ou disciplines connexes ;
- Avoir au moins 5 années d’expérience en recherche sur l’élevage ou dans des projets de développement du cheptel / des projets d’investissement centrés sur l’élevage (aliments et nutrition, génétique, santé,…) dans différents systèmes d’élevage (extensif/intensif, spécialisé/diversifié, petits paysans/entreprise, etc…) ainsi qu’une bonne connaissance et compréhension de la dynamique du troupeau, de la reproduction, des paramètres techniques et socio-économiques de conduite du troupeau ;
- Avoir une bonne connaissance des méthodologies de recherche participative, systèmes de suivi, etc.