Thomas, un Normand à Beyrouth

Rencontre avec Thomas Vailleux, entrepreneur social qui est passé par le Caire et Beyrouth avant de revenir en France, et auteur et co-réalisateur du film « Changemakers in the Arab World ». On vous invite à voir le teaser ici : https://www.facebook.com/Friendsofthemiddleeast/videos/1386854424733247/

Quelle était ta vie d’avance ?

  • 10 ans, 12 apparts, 5 écoles, 5 jobs, la fatigue mentale.

Avant avant, j’étais chef de projet en agence de pub, j’avais quitté mes études de publicité en cours de troisième année pour participer au lancement de l’agence Les Gros Mots en tant que chef de projet. Mais ça c’était avant avant. A 20 ans.

Avant, j’étais chargé de communication interne chez Hewlett Packard puis Chargé de communication chez Valeo, en apprentissage, deux mastodontes industriels. Mais ça c’était avant.

Peu avant, j’étais business developer en agence digitale chez Extreme Sensio. Mais ça c’était… pendant deux mois en février 2016. « Fin du game » comme dit souvent une amie proche.

 

L’élément déclencheur ?

  • Quand j’ai pris du temps pour ressentir et la rencontre avec Boris Marcel.

Au bout de trois semaines dans ce job, j’étais triste, je sentais que je ne pouvais pas vraiment m’exprimer et que je ne partageais pas la même vision de la vie que les gens qui m’entouraient. Métro, boulot, (argent), dodo, très peu pour moi. Mais j’avais un 2 pièces ! Mais… dur…

C’est à ce moment-là que j’ai décidé de prendre du temps pour moi, pour rencontrer des gens dans trois secteurs (tourisme, culture, startups) et ressentir, au lieu de réfléchir dans ma chambre, ce que j’aimerais faire. A ce moment-là, ma belle-sœur m’a pris son aile et m’a appris le réseautage constructif.

A peine un mois après avoir quitté mon job, je tombe sur Boris Marcel, co-fondateur de Say Yess, Ticket for Change et Europe Tomorrow, au fond d’un troquet parisien, lors d’un événement de Youth We Can!, un mouvement qui rassemble des jeunes qui se bougent pour changer le monde.

On est une douzaine, Boris pitche en dernier, il nous parle d’Europe Tomorrow, son Tour d’Europe de 20 pays, 45 villes, 2500 innovations sociales réalisé grâce à une levée de 150k€ et de leur volonté d’ouvrir une autre région. Chapeau l’artiste et ses deux compères ! A ce moment précis, j’ai eu la chair de poule et j’ai ressenti qu’il y avait quelque chose à faire dans le Monde Arabe, ma région favorite, mes « gens » de cœur.

 

Et maintenant ?

  • J’écris et co-réalise un film, accompagne des entrepreneurs sociaux et monte une entreprise sociale pour le dialogue interculturel en France.

On s’est revu deux fois, j’avais déjà commencé à cartographier l’écosystème de l’entrepreneuriat social à l’échelle de la région. En juillet 2016, un mois et demi après notre première rencontre, j’atterris au Caire et à Beyrouth pour construire mon réseau et étudier la faisabilité d’un « Middle East Tomorrow ».

Je reviens mi-août avec la sensation de ne pas maîtriser le sujet, de ne pas répondre à un besoin local mais avec un réseau de professionnels et d’amis tous plus généreux les uns que les autres.

En étant sur le terrain, j’ai constaté que les jeunes étaient plus débrouillards que nous à la sortie des écoles et qu’ils avaient tout à fait les capacités de contribuer à offrir des solutions aux problèmes de leur société. Or, le mapping de l’écosystème m’avait révélé que de nombreux entrepreneurs sociaux porteurs d’espoir dans développaient des solutions un peu partout dans la région.

J’avais trouvé ma mission : redonner espoir aux jeunes désillusionnés qui préfèrent fuir la région en leur racontant les histoires de ces « changemakers » qui dépassent les conditions de vie parfois difficiles pour le bien de leur communauté.

D’où mon retour au Liban pour m’installer en octobre 2016 avec l’idée d’un film documentaire pour lequel j’ai mené une recherche régionale, écrit une histoire, trouvé des personnages, constitué une équipe avec Clara Kossaifi, jeune réalisatrice libanaise primée au Liban. Tous ensemble, avec une équipe de tournage libanaise, nous avons réalisé un teaser qui nous permet de faciliter et crédibiliser notre recherche de financements.

J’écris et co-réalise le film et suis en train de m’entourer de producteurs français et libanais ainsi que d’une communauté de 30 connecteurs dans 16 pays pour diffuser le film.

En parallèle, je suis allé chercher une mission chez MakeSense Liban pour concevoir le premier bootcamp de la région qui accompagne et aide 10 entrepreneurs sociaux à prototyper leur solution sur trois semaines.

Ce moment de vie passé au Liban m’a également fait ressentir mon attachement à la France, mes amis, ma famille, ainsi que ma volonté de m’engager pour la société française. Je suis donc en train de créer une entreprise sociale dont la mission sera de rééquilibrer la représentation des personnes issues du Monde Arabe dans les esprits et medias français (puis en Occident plus tard). Le projet a été sélectionné par Ticket for Change pour être accompagné sur 6 mois.

Dans ce retour d’expérience, il y a beaucoup de « je » parce que c’est un peu le sujet. Mais il y a un « nous » qui m’a permis de tenir cette première année notamment de janvier à mai avec un gros passage à vide et une belle remise en question, qui m’ont permis d’avancer sur mon développement personnel.

Je vous laisse sur une notion qui s’est imposée à moi en mars au téléphone avec un ex-entrepreneur social au Pérou : l’ « être » versus le « faire »… la claque

Et le teaser du film de Thomas : https://www.facebook.com/Friendsofthemiddleeast/videos/1386854424733247/

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