Reconversion – elle était commerciale et elle est devenue thérapeute

Comment peut-on commencer dans l’édition, devenir commerciale puis…tout plaquer pour devenir thérapeute ? Réponse ici avec le parcours étonnant d’Aurélie. Rencontre.

A quoi ressemblait votre vie d’avant ?

Après mes 6 ans de prépa et d’école d’ingénieur (Centrale Paris), je ne savais pas trop quoi faire de ma vie. J’avais bien tenté de travailler dans l’édition car j’étais passionnée par les livres mais je m’étais vite rendue compte que ca n’allait pas être une partie de plaisir de trouver un poste en CDI dans ce milieu et j’avoue que je n’avais pas envie de me battre à ce moment là de ma vie, considérant que j’avais déjà bien assez donné pendant mes études. Après avoir envoyé des dizaines de candidatures, avoir passé presque autant d’entretiens pour des postes allant de commerciale à responsable production en passant par consultant, je me suis lancée en choisissant l’entreprise plus pour la personnalité de celui qui allait être mon chef que pour le travail en lui-même : j’allais donc faire carrière dans la vente !
Les premiers mois ont été très enrichissants : je bougeais beaucoup, j’apprenais plein de choses, il y avait une très bonne ambiance de travail…mais au bout d’un semestre, je commençais à me demander si c’était vraiment fait pour moi, si c’était ce que j’avais envie de faire de ma vie. Qu’à cela ne tienne, j’ai réussi à changer de postes assez rapidement et je me suis remise dans une démarche d’apprentissage ce qui permettait à toutes les questions existentielles de rester en suspens.
Mais finalement au bout de quelques mois, elles ont refait surface. Je me suis dit que le simple changement de poste n’avait pas fonctionné alors il fallait taper plus fort : j’ai donc décidé de tout quitter pour changer de région et d’entreprise mais de rester sur un poste similaire d’ingénieur de vente. Comme vous pouvez l’imaginer, cela a bien marché…au moins les 6 premiers mois ! J’ai alors entamé une psychothérapie pour comprendre ce qui n’allait pas bien chez moi : j’avais tout pour être heureuse sur le papier et pour autant je ne me sentais pas à ma place.
J’ai beaucoup appris sur moi mais pas encore assez pour ne pas refaire la même erreur : j’ai continué à chercher ma voie au sein de mon entreprise en quittant le commercial et en choisissant cette fois ci un poste d’ingénieur optimisation. Au bout d’un an, je recommençais à me poser des questions : qu’est ce que je fais la ? Quelle valeur j’apporte à l’humanité ? Je bénéficiais d’un certain confort : beaucoup de jours de congés et donc l’opportunité de partir très souvent au bout du monde. Mais malgré ma passion des voyages, je n’arrivais pas à me contenter de cette situation.

Quel a été l’élément déclencheur ?

J’ai décidé d’approfondir la découverte du fonctionnement de l’humain en réalisant une formation de psychologie en parallèle de mon travail. L’objectif de cette formation était de mieux me connaitre et de mieux comprendre les autres mais dès la première session, j’ai envisagé le fait de devenir thérapeute.
Cette idée s’est finalement imposée petit à petit, au fil de la formation ; j’avais trouvé quel sens je voulais donner à ma vie, j’avais trouvé quelle valeur j’allais prôner tous les jours : je voulais aider les autres à faire le chemin que j’avais entrepris quelques années auparavant c’est-à-dire mieux se connaitre, modifier ce qui ne convient plus et finir par s’accepter complètement. Bien sûr, je ne suis pas partie bille en tête (même si c’était très surprenant venant de moi !) : j’ai bien muri ma décision car cette nouvelle activité présentait certes l’avantage indéniable d’avoir une vie professionnelle épanouissante mais il y avait aussi le revers de la médaille : le côté financier et en particulier les voyages au bout du monde tous les ans auxquels je devais renoncer (en tout cas dans un premier temps)
Finalement, dès mon certificat en poche, j’ai quitté mon poste pour ouvrir mon cabinet de thérapeute. Au départ, difficile de trouver son rythme : plus personne ne me demande rien (même mon banquier a de quoi se mettre sous la dent avant de commencer à me harceler) alors j’alterne les journées où j’abats un travail phénoménal et les autres que je passe devant la télé à culpabiliser. Mais petit à petit j’ai trouvé mon propre rythme de créateur d’entreprise. Je me suis entourée d’amis dans la même situation que moi afin de s’épauler pendant les coups de mou.

Et maintenant ?

Mes journées se suivent à toute vitesse mais ne se ressemblent pas : les consultations avec les patients, l’écriture d’articles, plein de nouvelles rencontres, l’organisation d’ateliers de développement personnel, la formation, un investissement dans différentes associations…Finalement les voyages ne me manquent pas tant que ça car je retrouve la liberté que je cherchais au bout du monde dans ma vie de tous les jours, celle d’être qui je suis vraiment, de ne pas devoir rentrer dans un moule.
Si je dois faire un bilan de mon expérience, c’est clair que je ne regrette pas du tout mon choix. Je dirai même que malgré des moments assez difficiles de doute, d’angoisse, de découragement…, je n’ai pas regretté une seule fois ! Je me sens désormais complètement à ma place et je ne renoncerai à cela pour rien au monde !

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