Du conseil…aux cours de prépa !

Rencontre avec Aghilas, qui comme beaucoup d’entre nous, est d’abord parti en conseil…avant de comprendre que oui, il y avait quand même mieux à faire. Maintenant, il retourne en prépa avec sa propre entreprise !

1) Quelle était ta vie d’avant ?

Après mon diplôme d’ingénieur, j’ai rejoint un cabinet de conseil spécialisé en systèmes d’information, comme une bonne partie de ma promo d’ailleurs. Et j’étais loin d’imaginer que ces débuts allaient me mener là où je suis aujourd’hui.

Dans ce cabinet, j’ai rapidement pris mes marques et j’ai peu à peu construit une expérience solide dans l’implémentation du progiciel SAP et les processus supply chain. Après quatre années à réaliser des projets de ce type, j’ai été promu manager.
J’appréciais beaucoup mon travail et j’étais satisfait de ma montée en compétences, de ma prise de responsabilité et de mon niveau de vie. Cette évolution, tout comme le retour de mon entourage, m’incitaient à rester dans cette position, dans cette cage dorée.

Sur un diagramme représentant le bonheur en fonction du temps (y=b(t)), je dirais que la progression était linéaire avec un fort coefficient directeur, c’est-à-dire plus rapide que ce à quoi je pouvais m’attendre.

2) L’événement déclencheur ?

Je ne parlerais pas d’un seul événement déclencheur ou d’un déclic, mais plutôt d’un alignement de trois planètes.

D’abord, je donnais des colles de mathématiques dans mon ancien lycée.  J’avais su convaincre mon employeur de me permettre d’en faire deux heures par semaine, pour poursuivre cette activité débutée pendant mes études.
Cette réelle marque de confiance m’a permis de garder un pied dans le monde de l’éducation, et renforçait mon engagement dans mon travail de consultant.

Puis en 2010, j’ai décidé de créer une première structure de cours particuliers avec un ancien camarade de Louis Le Grand professeur en classe prépa. Nous avions spécialisé notre approche sur les classes préparatoires, notamment en ne sélectionnant que des professeurs agrégés de maths, physique ou français.

Nous avons donc géré cette structure sur notre temps libre, en développant une relation de proximité avec tous nos élèves, et leurs parents. Cette proximité s’est avérée un atout fondamental et était très enrichissante d’un point de vue personnel. Je me rappelle de toutes les discussions avec les parents d’élève ; il y a une grande part de psychologie, de confiance et de pédagogie à déployer, avant même la première heure de cours.
Tout cela nous a permis d’acquérir une base de parents fidèles (et influenceurs), avec la contrainte du parcours d’un élève en prépa, qui dure trois ans au maximum. Notre chiffre d’affaires était intéressant, mais nous n’avions pas le recul ni l’entourage nécessaire pour nous rendre compte que cela pouvait être une entreprise à part entière – et qu’il existait un autre modèle pérenne que le salariat. Aujourd’hui l’écosystème startup est beaucoup plus développé qu’il y a 6 ans et beaucoup de mécanismes ont été mis en place pour favoriser la prise de risque. Je regrette qu’à l’époque nous n’avions pas senti la traction, ceci nous a fait perdre un peu de temps et d’autres acteurs ont depuis avancé.

Enfin, en 2014, mon associé a souhaité se retirer du projet pour des raisons familiales. Cet événement a été l’occasion d’une remise en question importante, que j’ai choisi de transformer en opportunité. C’était le moment ou jamais de donner une vraie chance à cette entreprise! C’était assez binaire dans ces conditions, soit j’arrêtais tout, soit je me lançais à temps plein.
J’ai donc quitté mon cabinet pour ne pas avoir de regret, c’est ainsi qu’est né Groupe Réussite.

Pendant cette période, le diagramme y=b(t) ressemblait à des marches d’escalier : toujours une progression, mais avec des paliers de stabilité, voire de stagnation. En particulier, j’éprouvais un sentiment d’inachevé sur le relationnel et mon impact personnel sur l’entreprise.

3) Et maintenant ?

Etape 0 (ou presque) à 1 : j’ai utilisé ma première expérience pour construire les briques de cette nouvelle structure : le design du site internet, l’outil de back office, mais surtout une vision stratégique de mon activité et la volonté de prendre plus de risques. J’ai petit à petit étendu le périmètre aux élèves de lycée et j’ai étoffé l’offre de cours particuliers avec des stages intensifs pendant les vacances, en capitalisant sur nos atouts : la qualité des professeurs, des mini-groupes, de la pédagogie inversée et différenciée, des supports pédagogiques de qualité…
Etape 1 à 2 : un ami de ma promotion d’école m’a alors rejoint pour développer la structure ensemble. Le développeur de mon outil de CRM est en train de nous rejoindre en tant que CTO. Nous avons aussi tissé un réseau de mentors et de partenaires.
En quelques mois, nous avons emménagé dans nos propres locaux dans Paris 6 eme à deux pas du jardin du Luxembourg. Et nous avons un partenariat stable pour nos salles de stage intensif avec un grand lycée parisien.
Tout cela sans lever un centime !
Etape 2 à n : c’est maintenant, et cela nécessite une somme des 1/n d’efforts pour que cela tende vers +∞

Nos rituels dans la semaine : le lundi matin c’est le rallye où nous préparons notre semaine : le quotidien et les projets à long terme. Le mardi et jeudi midi nous allons à la salle de sport ; le vendredi après-midi, nous rencontrons nos futurs professeurs près du Panthéon…

Sur le diagramme y=b(t), nous dessinons une progression quasi-exponentielle. Après avoir posé les fondations (des processus clairs, des outils de productivité etc.), nous renforçons l’équipe (en interne ou en freelance) pour mettre en place de nouveaux projets l’année prochaine.
Ironie du sort, j’ai appris que mon ancien cabinet allait prochainement déménager au cœur de la Défense… tandis que je m’en éloigne chaque jour un peu plus.

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