Comment nous avons monté Tx.to à côté de nos boulots

« Hello Mathieu, j’ai une idée marrante, ça serait un service pour imprimer des sms. Ça te dit de m’aider ? »
Tx.to a commencé comme ça. Un email que j’ai envoyé à Mathieu, un copain avec lequel je partageais un même goût pour l’entrepreneuriat.

A l’époque, Mathieu et moi travaillions tous les deux dans des cabinets de conseil en digital. On a donc décidé de monter notre boîte à côté, le soir et le week-end.

Depuis Tx.to a bien grandi. Nous avons été surpris par les retombées presse ; nos serveurs ont traité plus de 100 millions de messages et certains mois, ce bébé nous rapporte  plus de revenus que nos « day jobs ».

Tx.to nous a prouvé qu’il est possible de créer un modèle de revenu en ligne à peu de risque tout en conservant une activité.

C’est une bonne illustration d’un 4-hour-week, cet ouvrage de Timothy Ferris qui prône la création d’activités rémunératrices sans y passer plus de quelques heures par semaine.

Voici trois idées reçues que nous avions avant de nous lancer et que nous avons réfuté en construisant. On espère que ça vous servira si vous décidez de franchir le pas.

Un projet à côté ? Mais je n’aurai jamais le temps !

Il ne faut en réalité pas beaucoup de temps pour faire avancer son projet à pas de géant. Vous serez surpris de vos progrès si vous parvenez à dégager une heure chaque jour.

Plus que le temps, c’est la dynamique dans laquelle vous vous inscrivez qui est essentielle. En faisant avancer votre side-project par petits pas, vous créez un élan, un sentiment de construction. C’est aussi une manière d’améliorer sensiblement son service : en l’améliorant chaque semaine de 1%, vous réalisez au bout de l’année une amélioration de 70% (cf courbe rouge ci-dessous).

1% incremental vs 0.99% decremental, Sam Altman – Y Combinator, source

1percentincremental

Dans notre cas, nous avons pris l’habitude de nous réunir tous les mercredis après le travail pour quelques heures. Nous passons en revue ce que nous avons fait la semaine dernière, et nous planifions ce qu’il y a à faire pour celle à venir : chaque semaine, nous mettons en ligne une nouvelle fonctionnalité, nous corrigeons un bug ou nous écrivons un article.

Une vue de notre Trello, l’outil que nous utilisons pour prioriser nos développements

vue_trello_txto

De toute façon, je ne sais pas coder

Vous n’avez pas besoin d’un doctorat en informatique pour lancer votre projet en ligne. Il vous faut juste acquérir de quoi concrétiser ce que vous avez en tête.

Bien entendu la meilleure option est de s’associer à un CTO, capable de coder. Mais vous pouvez aussi apprendre vous même. Cela vous économisera de précieux deniers et c’est un savoir faire qu’il est aujourd’hui bon de maitriser.

Comparaison des salaires US (en K$) par fonction sur le site AngelList
salaries-angel-list

Je ne connaissais par exemple rien à Ruby on Rails (le langage web que nous utilisons) avant de commencer Tx.to. Plusieurs ressources se sont avérées indispensables pour moi :

RailsCast : une collection de tutoriels vidéo en ligne. En 10 minutes vous apprenez à implémenter une fonctionnalité.
StackOverflow : vous avez un problème ? Un autre développeur l’a forcément eu (et la réponse est sur StackOverflow).
LeWagon : une école de code en plein coeur Paris. Plusieurs formules pour apprendre à coder à la semaine ou sur plusieurs mois, pour développer vous même votre projet.

Un side-project est un bon prétexte pour s’y mettre : vous serez confronté à des problèmes, à des cas concrets etc.. rien de tel pour commencer à apprendre.

Pour monter une boite, il faut être à temps plein

Il y a deux cas possibles pour votre side-project : ce peut être soit la version initiale d’un projet plus grand, soit un projet de taille modeste qui vous procure un revenu récurrent.

Dans le premier cas, le risque de tout lâcher pour lancer son entreprise est grand. Monter sa boite en side-project vous permet de tester en condition réelle si des clients sont prêts à acheter votre service.

De nombreux projets à succès ont commencé de cette façon : un développement continu, et lorsque les premiers signes de frémissements se font sentir, all in. C’est ainsi que le site ProductHunt (qui liste chaque jour les meilleurs produits tech) s’est lancé. Ils ont levé depuis près de 6M$ auprès du prestigieux fonds VC Andreessen Horrowitz. Pas mal pour un side-project.

Le premier tweet de @rrhoover annonçant son side-project ProductHunt. 
tweet-ryanhoover

 

 La vérité dans la création d’une entreprise est que personne ne sait si votre projet peut fonctionner. Oui (je sais c’est fou), mais il y a un marché de l’impression du sms. Vous pensez que c’est une niche ? Je pense que cette niche pèse plusieurs centaines de millions d’euros. Avez-vous des clients qui paient pour votre service ? C’est la seule question à laquelle il vous faut trouver une réponse.

En lançant, vous apprenez de vos utilisateurs. Vous apprenez en discutant avec eux. Vous apprenez en observant comment ils interagissent avec votre produit. Nous ne soupçonnions pas par exemple que beaucoup de nos utilisateurs cherchent en fait à imprimer des sms pour des besoins juridiques (le sms est un début de preuve).

De manière plus générale, le développement des moyens de communication et le coût décroissant du travail changent notre conception du travail : tout comme vous n’avez plus besoin de vous trouver dans la même pièce de 9h à 19h pour créer de la valeur, vous n’avez plus à être dépendant d’une seule activité salariée. Bienvenue dans l’ère des side-projects.

Cet article vous a plu ? N’hésitez pas à nous contacter sur twitter (@txtoapp) ou par email (hello at txto.fr). Nous vous conseillons également d’offrir des tomes Tx.to pour la St Valentin. Pour vous récompenser d’avoir lu jusque là on vous offre -15% jusqu’au 15 janvier avec le code SIDEPROJECT 😉

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